05.01.2009

A mes amours

 

L’instinct de survie. C’est certainement ce qui rend la vie aussi sublime. Et ce, même s’il n’y a rien de plus doux que de croire que l’autre ne peut survivre à nous et à toutes les faveurs qu’on lui accordées, faveurs que jamais on n’oubliera. Cet instinct de survie nous pousse à aller de l’avant, à nous surpasser, toujours... Après 32 ans d’une exclusive complétude, de solitude partagée avec moi-même, ceci est le récit de mes amours tumultueuses et très peu conventionnelles. Les noms ont été délibérément gardés pour mettre définitivement fin à toute forme de refoulement ou intériorisation de sentiments, qu’ils soient forts, absurdes ou inconvenants...

 

Cédric: J’avais 26 ans, lui 32. Nous avions des projets de vie commune mais des visions divergentes sur presque tout... Je ne pouvais tout abandonner pour un homme qui acceptait mal mes lacunes et imperfections, il ne pouvait perdre son temps à comprendre pourquoi cela pouvait échouer. J’apprenais donc à vivre à deux, à exister avec l’autre, parfois aux dépens de l’autre. C’était un sentiment étrange car je m’abreuvais d’amour mais sans en goûter les douceurs. C’en était que plus écoeurant ! J’exécrais sa réserve et ce souci du détail hérité de sa carrière d’ingénieur agroalimentaire. Cet amour a pris fin après deux ans de tourmente, de fréquents soupirs, de quelques cartes postales, d’échanges stériles et de grands maux d’amour. Il me quitte pour la dernière fois. Au téléphone. Un dimanche...

« Quelles résolutions pour 2009 ? »

Cette question, on vous l’a déjà certainement posée en début d’année, comme ça, pour la forme car au fond, la réponse importe bien peu à celui qui vous la pose. Qui a envie de savoir que vous projetez de partir sur l’île de Bali ou de skier pour la première fois dans l’Isère ?
A chaque début d’année, certains font une liste de résolutions (qu’ils mettent parfois plus d’une semaine à rédiger, les pauvres !), d’autres s’en tiennent à une seule : celle de ne pas avoir de résolutions du tout.
Il s’agit pour chacun d’énumérer des projets auxquels il tient, des projets nébuleux à souhait. J’aime particulièrement le moment où mes grands amours déballent en long et en large les buts qu’ils se sont fixé cette année : arrêter de fumer, faire des économies, faire du sport, construire enfin sa maison après 2 ans de léthargie, maigrir de 10 kilos… Ils se donnent donc un an pour réussir là où plus de la moitié de la terre a échoué.
Cette année, j’ai pris comme résolution de mettre mon blog à jour… sans me fixer davantage de pression… J’aimerais aussi voir l’Egypte, les Etats-Unis, le Japon et la Thaïlande. Pour ceux que ça intéresse…

10.08.2007

Pourquoi à 30 ans, tu n’es toujours pas mariée ?

Cette question m’horripile. Il y a dans cette phrase, une once de méchanceté que votre interlocuteur ne soupçonne même pas. Je pense qu’inconsciemment, ceux qui la posent à mes amies trentenaires trouvent étrange que des sylphides aussi charmantes qu’intelligentes soient « sans mari ». Un statut qui les relègue immédiatement au cliché de la vieille fille dont personne n’a voulu.

Commencent les commentaires : « Tu es sûrement trop exigeante ». « Peut-être devrais-tu passer une annonce, à ton âge, on n’a plus vraiment le choix ! » « J’ai une cousine qui est aussi difficile que toi mais elle a pu trouver quelqu’un, alors ne perds pas espoir » « L’important est que tu te sentes bien dans ta peau, tu n’es pas obligée de te marier pour avoir un gosse » « Un mari, ça ne se cherche pas, il est quelque part et il t’attend ». Oui, mais où ?

Célibattante cherche solibataire

D'après une estimation de 2005, il y a 3 282 524 000 hommes et 3 232 226 000 femmes soit un ratio homme femme de 1.015 (environ 100 hommes pour 99 femmes). Maintenant, si on s'intéresse à la tranche d'âge 20-50 ans (en âge de procréer) on a un ratio de 1.03 (environ 100 hommes pour 97 femmes). Alors, où est le problème? Pourquoi 3 filles sur 5 en âge de se marier ne portent toujours pas d’alliance ? Quel est aujourd’hui le profil de la trentenaire célibataire ? C’est une intellectuelle, jolie, bien dans sa peau, équilibrée, elle a été en couple pendant X temps, mais ça n’a pas marché. Ambitieuse, elle a un travail qui l’accapare mais elle a aussi un rêve qui lui est cher. Car messieurs, nous rêvons toutes d’un grand mariage avec un grand bal et tout le tralala, tout cela immortalisé par des photos en technicolor bien encadré dans un album photos. Il ne manque juste que les sujets.

Entre speed dating et petite annonce...

Les femmes actives restent plus longtemps célibataires, divorcent aussi plus vite que les autres et ne se remarient presque jamais. C’est là le fruit de mes réflexions personnelles et non une étude faite par les Américains, encore moins un sondage réalisé par Le Nouvel Obs! Je ne suis pas une féministe. Je n’aime pas le ton vindicatif des femmes qui en veulent toujours plus et qui en demandent toujours trop. Je ne vous dirai pas que je suis fière d’être célibataire à 31 ans mais je préfère être seule que mal accompagnée (Seigneur, ce que je peux être originale ! Mais que voulez-vous, on se console comme on peut... Lol) On y a toutes pensé. Faudrait-il passer par une annonce, une agence matrimoniale ou se laisser tenter par le speed dating? Les plus téméraires l'ont fait mais à mon avis, sans grand résultat. Après avoir sucré l’amertume, on fait le bilan, on se donne une deuxième chance, on change de pseudonyme, et tel que le décrit le mythe de Sisyphe, on reste fidèle à soi devant l’absurdité de la quête mais le coeur n'y est plus... Question: Mais pourquoi court-on après les hommes, ce qui n’est pas dans l’ordre naturel des choses ? Réponse confuse. Ne pas être mariée, c’est dans certaines têtes « être frivole, immature, irresponsable ». Ne pas être mariée à 30 ans, c’est finir par croire que les autres ont raison. On commence sa thérapie parce qu’on se rend compte que si la vie de célibataire ne nous déplaît pas tant que ça, on comprend que ce que nous sommes est mal accepté par ceux que nous aimons le plus.

Un mari, qu’est-ce que c’est ?

Un étalon, un géniteur, un homme qui partage ta couette, tes dettes et tes factures ? Parce que voyez-vous, j’ai fait une liste. Une liste des choses que je pouvais faire avec les hommes qui ont passé dans ma vie (un mari potentiel) et que je me suis toujours interdit de faire avec mes potes. La liste est ultracourte. Elle se résume à deux choses : l’amour et un enfant. Un mari, ce serait donc pour moi, d’abord un géniteur. Parce qu’il faut perpétuer l’espèce, parce qu’il faut laisser une trace de son passage sur terre et il faut le dire, parce que seule, je n’y arriverai pas... Ai-je besoin d’un acte de mariage pour avoir un enfant ? Je dirais que cela dépend de mon horloge biologique… Et le romantisme dans tout ça??? Résumons : il suffira donc à la femme célibataire d’arrêter toute recherche pour qu’un homme tombe dans ses bras. Pas très logique mais bon... On s’en contentera. Mais si dans 5 ans, on en est au même point ? C’est que je me serai lourdement trompée et aurais aussi induit en erreur toutes celles qui auront lu ce billet. Si tel va être le cas, alors attention messieurs, le prédateur pourra changer de sexe...

Le mariage peut être considéré politiquement, civilement et moralement, comme une loi, comme un contrat, comme une institution : loi, c’est la reproduction de l’espèce ; contrat, c’est la transmission des propriétés ; institution, c’est une garantie dont les obligations intéressent tous les hommes ; ils ont un père et une mère, ils auront des enfants. Le mariage doit donc être l’objet du respect général. La société n’a pu considérer que ces sommités, qui, pour elle, dominent la question conjugale. Honoré de Balzac.

Journaliste, malgré tout…

La presse est un élément jadis ignoré, une force autrefois inconnue, introduite maintenant dans le monde ; c’est la parole à l’état de foudre ; c’est l’électricité sociale. Pouvez-vous faire qu’elle n’existe pas ? Plus vous prétendrez la comprimer, plus l’explosion sera violente. (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe)

La leçon que vous apprenez de vos échecs, vous la retenez plus facilement, peut-être parce que vous l’avez acquise et non apprise. Au bout de cinq minutes d’entretien, je pouvais comprendre par le sourire d’acier de mon interlocuteur que j’avais l’expérience qu’il fallait, mais pas l’âge qui convenait pour un poste aussi important. J’écumais alors les bureaux et les desks pour écouter attentivement le motif de chaque refus. La chaîne nationale me reprochait mon caractère « pas assez souple » qui risquait de hérisser les « pros de la télé ». La candidature spontanée n’a pas non plus porté ses fruits, ma candidature étant pour la chaîne RTA, intéressante mais mal tombée. On m’explique que l’entreprise faisait face à une restructuration… L’idée de travailler pour la chaîne MA-TV ne me plaisait guère, dès le départ. Après un casting qui s’est plutôt bien déroulé, je me suis vu refuser le poste d’animatrice télé. Pas le profil de l’emploi ! Cela m’a fait rire de bon cœur…Pour réussir dans ce métier, en plus d’avoir un physique et le moral, il fallait aussi frapper à la bonne porte au bon moment.

Quelques semaines plus tard, un prof à l’université m’appelle. Il me propose de me présenter à la chaîne MBS pour un poste de rédacteur en chef. Après avoir affûté mes armes à la radio, dans la presse en ligne et dans la presse écrite, j’allais à l’aventure…La télé, pourquoi pas ?

A 26 ans, fraîchement diplômée de l’école de journalisme, je suis arrivée dans ce luxueux bureau de 4m² pour un entretien d’embauche. La télévision, ce n’était vraiment pas ce que j’aurais voulu faire mais comme j’étais au  chômage technique depuis 6 mois, autant prendre ce qu’il y avait...

Je franchis le seuil en faisant le vide dans ma tête. J’ai dû essuyer quatre refus avant de décrocher ce rendez-vous. La veille, je me suis préparée, fiches en mains, belles expressions  apprises par cœur, gestes soigneusement étudiés, voix posée et une flexibilité sur tout. L’horaire de travail, la rémunération, les conditions de travail... Absolument tout ! Après près d’une heure d’entrevue, j’ai été prise à l’essai pour six mois. 

Mes premiers pas dans la télévision ont été difficiles. Que de colères refoulées, de larmes ravalées. C’est comme cela que j’ai appris que ce que l’on enseigne en théorie ne peut se mettre en pratique qu’à une infime partie. Et cette partie là, est souvent technique, concernant surtout la manipulation du matériel…

A bon chef, bonne équipe, dit-on. J’avais sous ma responsabilité une équipe jeune et dynamique qui avait un sens de la discipline ahurissant. La ligne éditoriale était sans ambiguïté. Mais je vivais dans un univers qui n’était pas le mien. Mes velléités de fantaisie étaient très mal acceptées. Je me sentais ligotée dans un carcan d’impératifs féroces. Avoir une opinion et en faire part était un luxe et l’heure était au silence… On taisait les critiques que de l’autre côté de la barrière, on vociférait. Et puis, on traquait le moindre écart de conduite, le moindre mot de travers, la moindre interpellation sous les évocations les plus innocentes. Terribles coups de déprime. Grosse déception…partagée par mes confrères dont les intérêts de l’employeur étaient diamétralement opposés à ceux du mien.

L’habileté des grands journalistes, est de pouvoir faire dire à l’imbécile qui les lit : « C’est tout juste ce que je pensais ! » (Gide, Journal : Feuillets)

J’ai dû montrer pattes blanches et continuellement faire mes preuves pour mériter ma place dans cet univers masculin. Je multipliais mes rencontres avec mes professeurs pour m’assurer que j’étais faite pour ce métier et surtout pour m’accrocher à ce choix que j’ai fait il y a dix ans, malgré les propos fort dissuasifs de mon père qui aurait préféré me voir vêtue d’une toge J S’il est vrai que le gazon du voisin semble toujours plus vert, j’ajouterai : encore faut-il le tondre….

Si vous voulez devenir riche, exercez un autre métier avant de vous lancer dans le journalisme. Nous sommes un peu moins de 900 journalistes, titulaires d’une carte professionnelle. Beaucoup ont préféré travailler pour des ministères, des ONG, des projets de développement… Les plus courageux, les plus tenaces qui sont, peut-être (mais j’espère me tromper) les moins ambitieux sont restés au service du public que je continue à servir.

A mon sens, écrire et communiquer, c’est être capable de faire croire n’importe quoi à n’importe qui. Et ce n’est que par une suite continuelle d’indiscrétions que l’on arrive à ébranler le rempart d’indifférence du public (Le Clézio, Préface de Le Procès verbal) 

Au fil des années, les confrères ont commencé à prendre de la distance, nous confinant dans un rôle de journalistes propagandistes, ce que nous sommes peut-être, après tout. Mais que nous soyons dans un camp ou dans un autre, le métier de journaliste ne répond-il pas aux mêmes principes ? Même si l’on nous demande de modifier, de réécrire, de changer le sens ou de reformuler la tournure de chaque phrase, de sabrer des paragraphes entiers, d’élaguer des passages qui pourraient compromettre les intérêts d’un tel, est-ce là de la trahison ? Non, nous ne trahissons pas. Mieux, nous ne nous trahissons pas. C'est comme ça que le 23 juillet 2007, j'ai quitté mon poste de rédacteur en chef de la MBS.

La presse, comme la femme, est admirable et sublime quand elle avance un mensonge, elle ne vous lâche pas qu’elle ne vous ait forcé d’y croire, et elle déploie les plus grandes qualités dans cette lutte, où le public, aussi bête qu’un mari, succombe (Balzac, Monographie de la presse parisienne)