15.06.2009
Pris à leur propre piège !
Il a fallu dès le départ, reconnaître les possibilités et les limites de certains chapitres pour avancer dans les négociations. Le groupe de contact international l’aura appris à ses dépens. Et puis, il a fallu cette rupture, ce poing sur la table, ce départ de la mouvance Rajoelina pour relancer le débat. À dire vrai, les marchandages et tirs croisés incessants amenuisaient fortement les chances de parvenir à un accord. Pour autant, il était impensable de parler ou même de suggérer un possible échec des pourparlers à ce stade, par crainte de ne plus avoir d’autres pistes de réflexion pour une sortie de crise rapide.
Dans ces négociations, le sujet qui réprouve, qui fâche et qui divise encore, c'est la question de l'amnistie, précisément, l’annulation des peines liées aux événements politiques depuis 1997 et les détournements à grande échelle. Puisque la charte devra effacer toute menace de représailles sur les erreurs politiques du passé, il apparaît clair que la question risque d'être retournée dans tous les sens et servie à toutes les sauces avant d'aboutir à une quelconque signature. Car sur cette question, chaque mouvance a peu à gagner et tout à perdre. Certaines sont en quête d'absolution, d'autres, en mal de reconnaissance souhaitent une légitimité de leurs actes, maladroitement menés jusqu'alors, et puis d'autres encore préparent déjà le retour de leur candidat sur la scène politique, et à moindres frais !
Avec ces nouvelles orientations, le rôle du groupe de contact sera, donc, de décanter les desiderata des uns pour les greffer aux exigences des autres, ce qu’il n’a pu faire avec les intervenants réunis autour d’une même table. Cela, parce qu'aucune mouvance ne veut lâcher du lest, broutant à tous les râteliers. C'est dans ce contexte que dès cette semaine, le dialogue reprendra avec un petit lifting sur les démarches. En choisissant de consulter chacune des mouvances, le groupe de contact espère limiter l'intransigeance et les conditions imposées par ces dernières dans ce qu’elles définissent comme leur bon droit.
Ce sera un moment décisif pour les émissaires internationaux qui devront réussir leurs examens de passage et montrer patte blanche à tous ceux qui doutent de la portée de leurs actions. Mais ce sera également la grande épreuve pour les mouvances qui ne peuvent gâcher cette deuxième et dernière chance pour une sortie honorable du candidat qu'elles soutiennent. Plus que cela, c'est la dernière chance de sortie de crise avant le 26 juin, pour que ces négociations ne soient pas ce qu'elles risquent de devenir : des négociations... durables à l'issue, plus qu'incertaine, dont elles devront répondre, charte ou pas !
Haingo Rarivoson - L'Express de Madagascar 15-06-2009
06:11 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



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