08.06.2009
De son exil, que lui reste-t-il?
Pour comprendre la situation de Marc Ravalomanana, aujourd'hui en exil, il faut se rappeler des affaires dans lesquelles se trempent les hommes politiques, en général. Dans tout a priori, mais sans que cela aboutisse forcément à un procès ultramédiatisé. D'un non-paiement de frais d'hôtel au bakchich, en passant par le détournement de deniers publics ou même l'achat d'un avion en trop, il y a réellement de tout. Certaines s'oublient et puis d'autres, tenaces, sont remises sur le tapis. Et au goût du jour. Car si nos hommes politiques ont, parfois, maille à partir avec la justice pour des affaires grossièrement vénales, il faut dire que souvent, très souvent, ils se rendent coupables de manquer de discernement, coupables d'ignorer l'humilité, coupables de ne pas assumer la responsabilité des choix qu'ils font. Cela ne leur sera pas pardonné.
Dans le procès de Marc Ravalomanana, dont le mandat d'arrêt est maintenu par le garde des Sceaux Christine Razanamahasoa, il y a cette affaire d'achat d'un Force One à 112 milliards d'ariary. Voilà de quoi décontenancer le salarié au SMIC, de quoi offusquer les mouvances qui se sont liguées contre cette « mauvaise gestion » des affaires de l'État. Même la communauté internationale a permis le doute dans la décision de parler de ce sujet fâcheux ... parmi les autres! L'ancien président lui, s'appuiera sur une croissance économique positive en pleine crise mondiale pour expliquer « ce geste ». Mais c'était sans tenir compte de son impopularité. Plutôt étrange, d'ailleurs, car si le franc-parler des Monja Jaona, Francisque Ravony ou Herizo Razafimahaleo amusait ou donnait à réfléchir, celui de Ravalomanana ne plaisait pas toujours, à différents dégrés et niveaux. Et cela ne lui sera pas pardonné.
Dans son exil, Marc Ravalomanana n'aura jamais autant été ouvert. Ouvert au dialogue, ouvert à un consensus, ouvert à la tenue d'assises... Du moins, en apparence. Car derrière des messages fédérateurs, il y a toujours cet appel. Un appel désespéré au soulèvement. Par la douceur ou s'il le faut par la force. Une question de temps, selon lui. De là où il est, il se demande peut-être parfois quels remparts il lui reste aujourd'hui. Compter sur les opportunistes et espérer des retournements de veste parmi les 150 groupuscules politiques ? S'allier aux déçus de l'actuel régime ? Se résigner à attendre les élections en 2010? N'oublions pas non plus ceux qui ont toujours suivi aveuglément la voix de leur « maître ». Et puis ceux qui essaient de créer une nouvelle fronde, prêts à se faire entendre sur tous les fronts. Pour ceux-là, heureusement, la justice n'a prévu aucune peine, aucune sanction, même lorsqu'ils sont pris en flagrants... délires !
Haingo Rarivoson - L'Express de Madagascar - 5 juin 2009
04:53 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



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Commentaires
aaahhh... sujet qui fera encore couler beaucoup d'encre.... la "tienne" est intéressante
Ecrit par : Toky M | 09.06.2009
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