27.05.2009
Il n'est pire sourd...
Faut-il sortir d'une école de sciences politiques pour cultiver l'éthique politique ?La question se pose puisqu'une relève politique, dans un pays « politiquement incorrect », pourrait être compromise. Elle est si compromise que les tentatives de la « majorité silencieuse » (où se noie l'intelligentsia malgache) de se faire entendre, échoue, faute de pouvoir parler à des sourds. En matière de « behaviorisme », Madagascar a-t-il encore des leçons à apprendre? Si oui, de qui doivent-elles venir ?
La situation politique de Madagascar a quelque chose d'exceptionnel. Les partis politiques se font, se défont et se refont. Aucun parti n'épouse, tout à fait, les idées des groupes ou de la mouvance, auxquels il s'allie et l'éclatement des groupes n'est jamais loin lorsque se profile une élection. L'élection en 2010 ne nous prouvera peut-être pas encore le contraire, car, si depuis la Transition, les partis politiques se rallient pour une stratégie sur le long cours, le cheval de bataille reste le même: pour beaucoup d'hommes politiques, il n'est pire sourd que celui qui est au pouvoir...
Mais à l'heure où l'économie s'enfonce dans un rouge profond, la communauté internationale choisit de «lâcher» l'île à cette insularité, qu'elle a toujours revendiquée, dans la recherche d'une solution malgacho-malgache, tandis que les groupes politiques, eux, ont enfin trouvé le temps de débattre des dissensions autour de la répartition des sièges, d'un retour de l'un sans l'éviction de l'autre, et d'une transition consensuelle. Des négociations « qui avancent bien » titraient les journaux avant que les représentants des anciens chefs d'État, Ratsiraka et Ravalomanana, ne quittent les tables des négociations, restant sourds aux efforts de réconciliation. Un pas en arrière, un pas de trop, qui fera que dans les prochains jours, les incertitudes
se feront insistantes et l'explosion du chômage constamment menaçante. La crise, née de la dénonciation de telles déréglementations, risque de s'alourdir parce que le temps, hélas, ne joue pas en notre faveur!
Si, aujourd'hui, les jeunes se croient sans avenir politique, c'est un peu parce qu'ils n'ont retenu que les ratés de l'histoire. Terribles réactionnaires au discours creux, les hommes politiques se déclinent en marchands d'espérance, ni plus, ni moins. Alors, hommes de génie, il est peut-être temps d'éclairer votre siècle et bâtir cette relève politique qui n'arrive pas à voir le jour. Peut-être suffira-t-il de mettre un bémol sur les sour...noiseries !
Haingo Rarivoson
L'Express de Madagascar 25-05-2009
11:17 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



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