10.08.2007

Politique, Pouvoir, Etat.

Quand les grands partis politiques commencent à s’attiédir dans leurs amours sans s’adoucir dans leurs haines, et en arrivent enfin à ce point de désirer moins réussir qu’empêcher le succès de leurs adversaires, il faut se préparer à la servitude ; le maître est proche (A de Tocqueville, L’ancien régime et le Révolution) 

A prendre le terme dans la rigueur de l’acceptation, il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais. Il est contre l’ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné (Rousseau, Du contrat social. J. Benda, La Grande épreuve des démocraties)  

Il y aura toujours en dernière analyse, un pouvoir absolu qui pourra faire le mal impunément, qui sera donc despotique sous ce point de vue, dans toute la force du terme, et contre lequel il n’y aura d’autre rempart que celui de l’insurrection (J. De Maistre, Etude sur la souveraineté)

La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ; elle exige, par conséquent, une action de contrainte ou d’illusion sur les esprits, qui sont la matière de tout pouvoir (P. Valéry, La liberté de l’esprit, Regards sur le monde actuel) 

La démocratie, cela ne consiste pas à s’unir, comme l’annoncent sans cesse les conservateurs attardés. C’est au contraire l’art de se diviser. Mais, si la division ne s’établit pas sur une plateforme commune des faits, elle ne peut mener qu’à une affreuse mêlée (A. Sauvy, Le Coq, l’Autruche et le Bouc…émissaire)

Pourquoi à 30 ans, tu n’es toujours pas mariée ?

Cette question m’horripile. Il y a dans cette phrase, une once de méchanceté que votre interlocuteur ne soupçonne même pas. Je pense qu’inconsciemment, ceux qui la posent à mes amies trentenaires trouvent étrange que des sylphides aussi charmantes qu’intelligentes soient « sans mari ». Un statut qui les relègue immédiatement au cliché de la vieille fille dont personne n’a voulu.

Commencent les commentaires : « Tu es sûrement trop exigeante ». « Peut-être devrais-tu passer une annonce, à ton âge, on n’a plus vraiment le choix ! » « J’ai une cousine qui est aussi difficile que toi mais elle a pu trouver quelqu’un, alors ne perds pas espoir » « L’important est que tu te sentes bien dans ta peau, tu n’es pas obligée de te marier pour avoir un gosse » « Un mari, ça ne se cherche pas, il est quelque part et il t’attend ». Oui, mais où ?

Célibattante cherche solibataire

D'après une estimation de 2005, il y a 3 282 524 000 hommes et 3 232 226 000 femmes soit un ratio homme femme de 1.015 (environ 100 hommes pour 99 femmes). Maintenant, si on s'intéresse à la tranche d'âge 20-50 ans (en âge de procréer) on a un ratio de 1.03 (environ 100 hommes pour 97 femmes). Alors, où est le problème? Pourquoi 3 filles sur 5 en âge de se marier ne portent toujours pas d’alliance ? Quel est aujourd’hui le profil de la trentenaire célibataire ? C’est une intellectuelle, jolie, bien dans sa peau, équilibrée, elle a été en couple pendant X temps, mais ça n’a pas marché. Ambitieuse, elle a un travail qui l’accapare mais elle a aussi un rêve qui lui est cher. Car messieurs, nous rêvons toutes d’un grand mariage avec un grand bal et tout le tralala, tout cela immortalisé par des photos en technicolor bien encadré dans un album photos. Il ne manque juste que les sujets.

Entre speed dating et petite annonce...

Les femmes actives restent plus longtemps célibataires, divorcent aussi plus vite que les autres et ne se remarient presque jamais. C’est là le fruit de mes réflexions personnelles et non une étude faite par les Américains, encore moins un sondage réalisé par Le Nouvel Obs! Je ne suis pas une féministe. Je n’aime pas le ton vindicatif des femmes qui en veulent toujours plus et qui en demandent toujours trop. Je ne vous dirai pas que je suis fière d’être célibataire à 31 ans mais je préfère être seule que mal accompagnée (Seigneur, ce que je peux être originale ! Mais que voulez-vous, on se console comme on peut... Lol) On y a toutes pensé. Faudrait-il passer par une annonce, une agence matrimoniale ou se laisser tenter par le speed dating? Les plus téméraires l'ont fait mais à mon avis, sans grand résultat. Après avoir sucré l’amertume, on fait le bilan, on se donne une deuxième chance, on change de pseudonyme, et tel que le décrit le mythe de Sisyphe, on reste fidèle à soi devant l’absurdité de la quête mais le coeur n'y est plus... Question: Mais pourquoi court-on après les hommes, ce qui n’est pas dans l’ordre naturel des choses ? Réponse confuse. Ne pas être mariée, c’est dans certaines têtes « être frivole, immature, irresponsable ». Ne pas être mariée à 30 ans, c’est finir par croire que les autres ont raison. On commence sa thérapie parce qu’on se rend compte que si la vie de célibataire ne nous déplaît pas tant que ça, on comprend que ce que nous sommes est mal accepté par ceux que nous aimons le plus.

Un mari, qu’est-ce que c’est ?

Un étalon, un géniteur, un homme qui partage ta couette, tes dettes et tes factures ? Parce que voyez-vous, j’ai fait une liste. Une liste des choses que je pouvais faire avec les hommes qui ont passé dans ma vie (un mari potentiel) et que je me suis toujours interdit de faire avec mes potes. La liste est ultracourte. Elle se résume à deux choses : l’amour et un enfant. Un mari, ce serait donc pour moi, d’abord un géniteur. Parce qu’il faut perpétuer l’espèce, parce qu’il faut laisser une trace de son passage sur terre et il faut le dire, parce que seule, je n’y arriverai pas... Ai-je besoin d’un acte de mariage pour avoir un enfant ? Je dirais que cela dépend de mon horloge biologique… Et le romantisme dans tout ça??? Résumons : il suffira donc à la femme célibataire d’arrêter toute recherche pour qu’un homme tombe dans ses bras. Pas très logique mais bon... On s’en contentera. Mais si dans 5 ans, on en est au même point ? C’est que je me serai lourdement trompée et aurais aussi induit en erreur toutes celles qui auront lu ce billet. Si tel va être le cas, alors attention messieurs, le prédateur pourra changer de sexe...

Le mariage peut être considéré politiquement, civilement et moralement, comme une loi, comme un contrat, comme une institution : loi, c’est la reproduction de l’espèce ; contrat, c’est la transmission des propriétés ; institution, c’est une garantie dont les obligations intéressent tous les hommes ; ils ont un père et une mère, ils auront des enfants. Le mariage doit donc être l’objet du respect général. La société n’a pu considérer que ces sommités, qui, pour elle, dominent la question conjugale. Honoré de Balzac.

Journaliste, malgré tout…

La presse est un élément jadis ignoré, une force autrefois inconnue, introduite maintenant dans le monde ; c’est la parole à l’état de foudre ; c’est l’électricité sociale. Pouvez-vous faire qu’elle n’existe pas ? Plus vous prétendrez la comprimer, plus l’explosion sera violente. (Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe)

La leçon que vous apprenez de vos échecs, vous la retenez plus facilement, peut-être parce que vous l’avez acquise et non apprise. Au bout de cinq minutes d’entretien, je pouvais comprendre par le sourire d’acier de mon interlocuteur que j’avais l’expérience qu’il fallait, mais pas l’âge qui convenait pour un poste aussi important. J’écumais alors les bureaux et les desks pour écouter attentivement le motif de chaque refus. La chaîne nationale me reprochait mon caractère « pas assez souple » qui risquait de hérisser les « pros de la télé ». La candidature spontanée n’a pas non plus porté ses fruits, ma candidature étant pour la chaîne RTA, intéressante mais mal tombée. On m’explique que l’entreprise faisait face à une restructuration… L’idée de travailler pour la chaîne MA-TV ne me plaisait guère, dès le départ. Après un casting qui s’est plutôt bien déroulé, je me suis vu refuser le poste d’animatrice télé. Pas le profil de l’emploi ! Cela m’a fait rire de bon cœur…Pour réussir dans ce métier, en plus d’avoir un physique et le moral, il fallait aussi frapper à la bonne porte au bon moment.

Quelques semaines plus tard, un prof à l’université m’appelle. Il me propose de me présenter à la chaîne MBS pour un poste de rédacteur en chef. Après avoir affûté mes armes à la radio, dans la presse en ligne et dans la presse écrite, j’allais à l’aventure…La télé, pourquoi pas ?

A 26 ans, fraîchement diplômée de l’école de journalisme, je suis arrivée dans ce luxueux bureau de 4m² pour un entretien d’embauche. La télévision, ce n’était vraiment pas ce que j’aurais voulu faire mais comme j’étais au  chômage technique depuis 6 mois, autant prendre ce qu’il y avait...

Je franchis le seuil en faisant le vide dans ma tête. J’ai dû essuyer quatre refus avant de décrocher ce rendez-vous. La veille, je me suis préparée, fiches en mains, belles expressions  apprises par cœur, gestes soigneusement étudiés, voix posée et une flexibilité sur tout. L’horaire de travail, la rémunération, les conditions de travail... Absolument tout ! Après près d’une heure d’entrevue, j’ai été prise à l’essai pour six mois. 

Mes premiers pas dans la télévision ont été difficiles. Que de colères refoulées, de larmes ravalées. C’est comme cela que j’ai appris que ce que l’on enseigne en théorie ne peut se mettre en pratique qu’à une infime partie. Et cette partie là, est souvent technique, concernant surtout la manipulation du matériel…

A bon chef, bonne équipe, dit-on. J’avais sous ma responsabilité une équipe jeune et dynamique qui avait un sens de la discipline ahurissant. La ligne éditoriale était sans ambiguïté. Mais je vivais dans un univers qui n’était pas le mien. Mes velléités de fantaisie étaient très mal acceptées. Je me sentais ligotée dans un carcan d’impératifs féroces. Avoir une opinion et en faire part était un luxe et l’heure était au silence… On taisait les critiques que de l’autre côté de la barrière, on vociférait. Et puis, on traquait le moindre écart de conduite, le moindre mot de travers, la moindre interpellation sous les évocations les plus innocentes. Terribles coups de déprime. Grosse déception…partagée par mes confrères dont les intérêts de l’employeur étaient diamétralement opposés à ceux du mien.

L’habileté des grands journalistes, est de pouvoir faire dire à l’imbécile qui les lit : « C’est tout juste ce que je pensais ! » (Gide, Journal : Feuillets)

J’ai dû montrer pattes blanches et continuellement faire mes preuves pour mériter ma place dans cet univers masculin. Je multipliais mes rencontres avec mes professeurs pour m’assurer que j’étais faite pour ce métier et surtout pour m’accrocher à ce choix que j’ai fait il y a dix ans, malgré les propos fort dissuasifs de mon père qui aurait préféré me voir vêtue d’une toge J S’il est vrai que le gazon du voisin semble toujours plus vert, j’ajouterai : encore faut-il le tondre….

Si vous voulez devenir riche, exercez un autre métier avant de vous lancer dans le journalisme. Nous sommes un peu moins de 900 journalistes, titulaires d’une carte professionnelle. Beaucoup ont préféré travailler pour des ministères, des ONG, des projets de développement… Les plus courageux, les plus tenaces qui sont, peut-être (mais j’espère me tromper) les moins ambitieux sont restés au service du public que je continue à servir.

A mon sens, écrire et communiquer, c’est être capable de faire croire n’importe quoi à n’importe qui. Et ce n’est que par une suite continuelle d’indiscrétions que l’on arrive à ébranler le rempart d’indifférence du public (Le Clézio, Préface de Le Procès verbal) 

Au fil des années, les confrères ont commencé à prendre de la distance, nous confinant dans un rôle de journalistes propagandistes, ce que nous sommes peut-être, après tout. Mais que nous soyons dans un camp ou dans un autre, le métier de journaliste ne répond-il pas aux mêmes principes ? Même si l’on nous demande de modifier, de réécrire, de changer le sens ou de reformuler la tournure de chaque phrase, de sabrer des paragraphes entiers, d’élaguer des passages qui pourraient compromettre les intérêts d’un tel, est-ce là de la trahison ? Non, nous ne trahissons pas. Mieux, nous ne nous trahissons pas. C'est comme ça que le 23 juillet 2007, j'ai quitté mon poste de rédacteur en chef de la MBS.

La presse, comme la femme, est admirable et sublime quand elle avance un mensonge, elle ne vous lâche pas qu’elle ne vous ait forcé d’y croire, et elle déploie les plus grandes qualités dans cette lutte, où le public, aussi bête qu’un mari, succombe (Balzac, Monographie de la presse parisienne)

Place aux Jeux et que le Sport soit avec vous !

Et c’est parti pour dix jours de spectacles, de sports et de culture ! Les septièmes JIOI vont tenir en haleine les sept îles dans le bassin de l’Océan Indien jusqu’au 19 août. Toute la population indianocéanique va vibrer au rythme des performances et des exploits de quelque 1.630 athlètes.

Ces prochains jours seront à coup sûr, hauts en couleurs et forts en émotions pour les athlètes ! Pour les Malgaches en particulier, puisqu’ils espèrent réitérer leur exploit d’il y a 17 ans, terminant alors premiers au classement avec 56 médailles d’or contre 47 pour l’île de la Réunion et 43 pour l’île Maurice.

Si certains vont aller à la course aux médailles, d’autres sont venus pour participer (l’important n’étant pas toujours de gagner) et mesurer leur performance. En tout cas, tous sont là pour donner un sens réel au dialogue de cultures, aux échanges, à la fraternité qui ont toujours réuni les sept îles sœurs. Et c’est certain, tous ces sportifs de différents niveaux  vont nous faire vivre des moments inoubliables. Des moments que l’on espère, dès le départ, loin des controverses de dopage, de problèmes d’arbitrage ou encore de manque de sportivité. Le coup d’envoi a été donné, alors place aux Jeux et que le Sport soit avec vous !

On observe, on tâtonne et on fonce !

Premier jour de compétitions, premières médailles d’or pour les athlètes malgaches!  Démarrant donc sur les chapeaux de roues, Madagascar a annoncé la couleur en se battant sur tous les points et sur tous les fronts pour arracher la victoire. En tout cas, la Grande île s’y emploie ardemment avec le soutien toujours fervent des supporters.

A Mahamasina, la victoire a été écrasante devant les Seychelloises sur un score sans appel de 102 à 26, match comptant pour les éliminatoires. A Ankorondrano, les karatekas aussi ont flirté avec l’exploit, en raflant 5 sur les 6 médailles d’or. Au bilan, Madagascar a donc glané 11 sur 20 les médailles d’or de la journée, autant dire que cette journée a été celle des récoltes pour le pays hôte.  Mais il faudrait maintenant s’attendre à une réaction prompte des athlètes des îles sœurs qui ne se laisseront pas distancer très longtemps. Mais si Madagascar tient bon, il pourra réitérer son exploit lors des 3èmes Jeux des Îles, en dominant pour la première fois les Jeux. C’était il y a 17 ans !  En tout cas, l’enjeu est important pour tous les athlètes. Pour les Malgaches, ce sera aussi parce que tous les médaillés d’or pour ces 7èmes Jeux auront leur ticket pour les Jeux Olympiques à Pékin en 2008. Le Président Marc Ravalomanana en a fait la promesse à tous les athlètes…

Le low cost ou le « moins cher à tout prix».

Qui aurait pu croire qu’un jour, le prix d’un billet d’avion aller retour vers une destination européenne pourrait tomber à  30 Euros TTC ( 78.000 Ariary) à partir d’un aéroport européen? C’est pourtant aujourd’hui le nouveau système de vente dans le deuxième aéroport de Marseille Provence ou le MP2. Certes, lorsqu’on étudie plus longuement les offres, l’on peut se rendre compte des services en moins mais cette formule des plus bas prix accroche. Le trafic vers l’Europe est en hausse de 61,8% avec 230.474 passagers, rien que dans les 2 premiers mois de 2007. Ce résultat est en grande partie à mettre à l’actif des nouveautés low cost au départ du MP2. La nouvelle aérogare a ainsi accueilli à cette même période 110.000 passagers. 

Comment et pourquoi ça marche?

Moins de confort, moins de services, moins d’assistance pour… moins de dépenses. Cela va de soi. Le terminal MP2 est aménagé de la manière la plus simple possible: les infrastructures y coûtent 5 euros moins cher par rapport au terminal du premier aéroport. Pas de tapis de bagages non plus. Les passagers doivent eux-mêmes porter leurs bagages et les installer à la cabine. Cette infrastructure en moins fait économiser 300.000 Euros à l’aéroport. 30 à 40 places seulement sont comprises pour une destination. Les premiers servis sont donc les premiers à avoir réservé sur Internet. Car la compagnie qui offre low cost n’a pas de représentant sur le terminal. Résultat, le billet vendu ne peut être échangé, et dans le cas d’une perturbation du trafic aérien, même si le cas est très rare, la compagnie ne prend pas le passager en charge, ne lui échange pas le billet non plus. Et à bord, c’est le strict minimum, chaque service étant payant.
Chaque vol quotidien low cost représente chaque année plusieurs millions d’euros de retombées économiques, plusieurs dizaines de milliers de touristes supplémentaires et de nuitées en hébergement marchand. Les compagnies low cost utilisent des avions de dernière génération, des appareils moins bruyants, moins polluants et plus performants afin de réduire leurs coûts.  Ce nouveau mode tarifaire permettra en tout cas aux personnes qui n’ont jamais eu accès au transport aérien pour une raison de prix de voyager en Europe. 

19 destinations à partir de 14,99 Euros.

Il faut le reconnaître, le projet est audacieux, innovant et compétitif. Le concept repose sur la mise en place de 2 aéroports en 1. Il aura fallu 16,4 millions d’Euros d’investissement et un an de travaux de réaménagements. L’ouverture du MP2 avec une capacité de 3.700.000 passagers a permis à 1 million de passagers supplémentaires de voyager à travers l’Europe sur 19 destinations reliées en vols réguliers directs et à bas prix. Parmi ces destinations figurent Bristol, Bruxelles Charleroi, Cologne Bonn, Fès Francfort Hahn, Londres, Madrid, Marrakech Oslo, Porto ou encore Rome. Et comme dans tout système, il y a un faible rouage, le low cost a aussi ses limites. Plus la réservation est tardive, plus le prix du billet augmente. Il peut aller jusqu’à 250 Euros si le même billet aurait pu coûter 10 fois moins, quelques heures plus tôt…

Madarail basculera vers le transport de passagers en 2008

Madarail a entamé en 2005 un vaste programme de modernisation d’ouvrages d’art et de la voie. Sur les lignes qu’elle exploite, la quasi-totalité des rails est dans un  état piteux. D’abord, parce qu’il y a un manque flagrant d’entretien et ensuite parce que le vol est un phénomène assez fréquent sur le Réseau Nord exploité par Madarail. Lorsque celui-ci a repris le  transport ferroviaire, des efforts ont été fournis sur la remise en état des infrastructures dont l’une des plus importantes est la mise en place d’une nouvelle génération de traverses. Dès 2008 en effet, celles-ci ne seraient plus en bois mais en béton. Aujourd’hui, la société qui exploite le transport ferroviaire sur réseau Nord a concentré ses efforts sur l’entretien des infrastructures. Entretien qui va engloutir près de 35 millions de dollars. Ces investissements concernent par exemple le confortement de 225 km de voie, de multiples travaux de génie civil relatifs aux ouvrages d’art, bâtiments et installations de maintenance. Mais l’un des points les plus importants est le renouvellement des infrastructures. Un renouvellement qui concerne 145 km de voie qui seront désormais remplacées par des traverses en béton. Avec ces nouvelles traverses, le risque de vol peut être écarté ; la dégradation précoce également puisque si la durée de vie des traverses en bois est de 5 ans, celle des traverses en béton est estimée à 35 ans.

98 sur 145 km de traverses en béton ont été installées sur un tronçon de route entre Antananarivo et Toamasina. De plus, si la durée du trajet sur cette même ligne est de 25 heures aujourd’hui, dès fin 2007, elle serait réduite à 15 heures.

Des projets ambitieux

Madarail exploite 3 lignes. La ligne Antananarivo Côte Est, la ligne Antananarivo Antsirabe et Moramanga Lac Alaotra, permettant le désenclavement de la Région de l’Alaotra. Ces trois axes représentent une longueur de 673 km. Et le trafic du chemin de fer est en croissance constante, de 60.000 tonnes en 2003, elle a été de 285.000 tonnes l’année dernière. Sur les perspectives 2007, Madarail table sur un trafic de 352.000 tonnes. Pour cela, elle compte stabiliser le taux de disponibilité des locomotives à 85% et limiter le nombre de déraillements sur voie principale à 120 pour cette année. Pour l’heure, Madarail ne transporte que des marchandises, le plus souvent des hydrocarbures, du chrome, des containers, du ciment, des matériaux de construction, ou encore du suif, du sucre et du soja. Par ailleurs, la société de transport ferroviaire compte dans un futur assez lointain basculer un peu plus vers le transport de passagers. Mais cela, ce ne sera pas avant 2008.

Avec la nouvelle ligne Antananarivo Marseille, Air Madagascar estime jouer sur le bon cheval.

Avec à son bord, une cinquantaine de passagers, de privilégiés, de journalistes et d’hommes d’affaires, le géant 767-300 a décollé le 28 mars dernier à 22 heures pour le vol inaugural Antananarivo-Marseille-Antananarivo. La compagnie aérienne malgache a mis, pour la première fois le cap sur Marseille Provence, en vol direct, nouvelle destination qui marquera encore cette année la célébration de son  45ème anniversaire.

29 mars. 7 heures 30. Après 10 heures et 15 minutes de vol, c’est par un temps très frais que les premiers passagers du vol inaugural Antananarivo Marseille, emmitouflés, débarquent sur le sol marseillais pour la coupure du ruban rouge, avec toute la solennité d’une cérémonie de vol inaugural. Et les impressions sont bonnes: « Je fais partie de la diaspora malgache à Marseille et je peux vous assurer que ce vol hebdomadaire est une bonne chose pour les quelque 5.000 Malgaches qui vivent ici. Plus besoin de prendre le train à Paris pour aller à Madagascar, cela va faire du bien à mon portefeuille…commente furtivement une passagère »
De ce vol, les avis convergent. Il est vrai que la compagnie a montré pattes blanches, les passagers étaient d’ailleurs peu nombreux et le personnel navigant commercial n’a pas failli à sa réputation. Tout a été passé au peigne fin, pourtant la veille, l’embarquement s’est fait avec un léger retard. Difficile pour le personnel de la compagnie aérienne nationale de cacher ses émotions, ce jour-là… Car pour Air Madagascar, cette date allait non seulement marquer le retour vers une destination desservie avec une escale parisienne il y a une vingtaine d’années mais c’était aussi et surtout un défi important dans un contexte évolutif où il faut plus qu’un excellent service à prix attractifs pour satisfaire une clientèle de plus en plus exigeante. Confiant et resté très attentif aux impressions des premiers passagers, le directeur général de la compagnie malgache Ulrik Link, confie : « Avec la remise en état des routes, le trafic ethnique tendra à diminuer, à mon avis et la compagnie Air Madagascar va devoir s’orienter vers le trafic touristique et affaires pour surcompenser. Les lignes sur l’Asie sont aujourd’hui bien établies et constituent un marché solide. Il nous faut maintenant diversifier les lignes sur l’Europe, analyser les besoins qui nous parviennent. C’est-ce qui nous a encouragés à proposer cette nouvelle ligne. Ceci étant, nous entendons toujours jouer notre rôle de compagnie nationale». C’est en ce sens que la compagnie nationale dessert aujourd’hui la France à raison de 4 vols directs par semaine, trois sur Paris et depuis le 28 mars dernier, un vol hebdomadaire sur Marseille. Un vol qui nécessitera 46 tonnes (60.500 litres) de carburants pour une destination de 8.250 km.

Des méthodes de marketing agressif

Pour rentabiliser un vol, il faudrait remplir au moins la moitié des places pour un gros porteur. L’avion qui  a relié Antananarivo à Marseille peut accueillir plus de 240 passagers à son bord. Cependant, pour ce vol inaugural vers Marseille, une cinquantaine de passagers seulement ont embarqué. « Cela n’est en rien inquiétant, rassure le Directeur de la communication de la compagnie, Erick Rabemananoro. Ce n’est qu’une moyenne et je serai presque tenté de vous dire que c’est plutôt une bonne moyenne pour un vol inaugural. Plus sérieusement, il n’est pas rare que le taux de remplissage au départ d’Ivato ne soit pas très important, en revanche, au retour, il est toujours certain que les places sont pleines. C’est là-dessus que nous misons. Les passagers de l’Hexagone font dans le meilleur des cas 80% des recettes de la compagnie aérienne malgache et quand les chiffres sont moins bons, ils sont encore à plus de 50%. » La compagnie se frotte donc les mains et estime avoir joué sur le bon cheval pour ce nouveau cap Marseille Provence. Un pari qui semble être gagné d’ailleurs puisque le vol retour sur Antananarivo le lendemain a enregistré 211 passagers. Pour continuer à rentabiliser cette nouvelle ligne, la compagnie Air Madagascar loin d’avoir lésiné sur les moyens, a opté pour des méthodes de marketing agressif. La soirée du 29 mars était consacrée à Madagascar, à la découverte de l’île pour beaucoup et au plaisir de la retrouver en images et en musique pour certains. Opérateurs touristiques de Paris, de Marseille et des environs ont été conviés au « Yacht » sur le quai du Vieux Port à Marseille. Tous ont été conquis par les charmes de l’île et la vaste opération de séduction de la compagnie qui a mis les petits plats dans les grands pour « vendre » la destination, en faisant découvrir la culture et les sites touristiques malgaches à travers la prestation de Jaojoby, plébiscité comme jamais et la diffusion de films documentaires. Les opérateurs touristiques auront eu en tous cas, des arguments de taille pour vendre la destination Madagascar, à un tarif promotionnel de 644 Euros jusqu’en juin prochain. La nouvelle ligne Marseille Antananarivo tiendra-t-elle ses promesses? Cela dépendra aussi de l’endurance de la compagnie aérienne dans la desserte et sa promotion. Car l’aéroport de Marseille Marignane a ouvert depuis le début de l’année 11 nouvelles lignes et gère chaque semaine 900 rotations (vols aller retour) dans 25 pays, parmi lesquels Madagascar. Marseille est également le premier aéroport européen à proposer 2 services différents à des prix différents (le service classique et le low cost) pour donner le choix aux compagnies et aux passagers. Des passagers qui peuvent prendre à partir du terminal MP2 des vols directs à bas prix vers l’Europe. Si le tout nouveau, tout beau est un système qui marche, il faudrait plus, beaucoup plus pour que cela dure car la concurrence est forte et réelle. Et si la compagnie nationale y croit, c‘est parce qu’elle avoue être sûre de sa valeur qu’est la qualité de ses services. Elle se dit aussi prête à étudier toutes les connectivités possibles avec les autres compagnies aériennes … Et c’est peut-être là, qu’elle fera la différence.

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