11.09.2009

Les uns comme les autres ...

Oui, il y a encore en toile de fond, l’hermétisme des uns et la pugnacité des autres. Mais après un semestre de débats stériles, le besoin de formater les consciences se fait plus pressant. On rompt avec la démagogie, on renoue avec les priorités, on parle concret et pragmatisme... La question aujourd’hui n’est plus de savoir pourquoi choisir de récuser ou de donner crédit à un gouvernement « putatif », les priorités de la coalition des ex-chefs d’État semblant pour le moment, bien complexes et les objectifs du jeune président de la HAT n’étant pas plus précis.
La question aujourd’hui, est de savoir quelles sont les priorités de chaque camp pour le mieux-être du Malgache. Puisque les uns comme les autres ont vécu à un certain moment, la meurtrissure d’un soulèvement du peuple, les uns comme les autres ont connu la mise en garde des partenaires financiers, les uns comme les autres ont maquillé leur vide programmatique, les uns comme les autres savent que les chances d’une cohabitation restent minces, voire inexistantes tant que les plaies ne sont pas tout à fait cicatrisées. Les uns comme les autres veulent en finir. Les uns, avec les autres. Les autres avec l'instabilité du pouvoir et la fragilité de leurs structures politiques.
Mais ces mouvances, qu'elles soient d’ici ou d’aillleurs, connaissent-elles les réalités quotidiennes des Malgaches ? Savent-elles par exemple ce que souhaitent les pères de famille, victimes de licenciement économique ? Savent-elles ce que voudrait un chauffeur de taxi qui attend des heures pour une course, l'unique de la journée ? Voient-elles le difficile exercice d'un agent touristique contraint d'hypothéquer son gagne-pain pour garder ses infrastructures en attendant de meilleurs lendemains ? Savent-elles le dépit des jeunes diplômés qui arrivent sur le marché du travail ?
Avec une hémorragie importante de devises, 25 000 chômeurs de plus et la menace d’une rupture définitive avec les « amis » de Madagascar, le Premier ministre Roindefo aura à se battre sur tous les fronts. Et à se battre seul pour organiser les élections présidentielles, amadouer les bailleurs de fonds pour irriguer les projets suspendus, amener toutes les synergies à regarder dans la même direction. Mais il est difficile de semer en terre aride. Car même si le gouvernement s’inspire des meilleurs modèles économiques pour façonner sa feuille de route, il reste encore un blocage de taille : le Malgache. Lequel malgré lui, n’a jamais appris à s’assumer, à prendre des risques, même calculés, à se prendre en main. Le Malgache, longtemps conditionné à la soumission, l’attente et la résignation. C’est l’une des spécificités de son atavisme. Les uns comme les autres, le savent. Et c’est là, leur seul point commun.

L'Express de Madagascar - 11 septembre 2009

24.06.2009

Par sens du devoir, par devoir de patriotisme

Aujourd'hui, plus que jamais, les pro-Ravalomanana durcissent le ton, frappent à toutes les portes, font germer dissensions et divergences, divisent les représentations diplomatiques. Tirant profit de ce flou politique, le principal parti de l'opposition (qui ne s'est jamais reconnu comme tel), cherche donc à mieux se structurer, à coup de manifestation « tache d'huile » et depuis peu, de guerre de communiqués.
Nous sommes loin des balbutiements des premiers jours de crise, période charnière, pendant laquelle les partisans de Ravalomanana se sont sentis acculés par un mouvement trop hardi, laissant transparaître pour la première fois le doute en celui dont on ne pouvait présager la chute, celui qui est devenu en six mois, un colosse aux pieds d'argile. Pris de court sur un terrain qui n'était vraisemblablement pas le sien, l'ancien président de la République s'est d'abord enfermé dans un mutisme avant de sortir de sa période de réflexion. Ses intentions semblent aujourd'hui très claires, ses « pions », avançant plus témérairement sur l'échiquier politique, menant tambour battant, une véritable campagne de communication pour tenter de reprendre le pouvoir, sans définitivement couper les ponts avec les trois autres mouvances. Peut-être au cas où les vents tourneraient mal...
Songez à ce véritable revirement de situation. C'est donc la Transition qui doit maintenant gérer tout débordement d'une opposition revigorée, mais sans recourir à la force, endossant ainsi le lourd costume de la répression passive. Puisque l'ombre de l'ancien chef d'État plane encore sans être réellement menaçante, et parce que les partisans de ce dernier ne manifestent plus la fleur au fusil, le régime actuel doit prendre garde à l'humiliation qu'elle a infligée. L'humiliation qui ronge et attise les rancœurs. L'humiliation. Le mot peut paraître fort mais il peut expliquer certains blocages pour certains affronts qu'on ne peut effacer. En politique, et seulement à Madagascar, l'humiliation, c'est d'être dépossédé de pouvoir sans passer par un suffrage universel et sans que cette prise de pouvoir n'inquiète ou ne soit clairement accusée par la communauté internationale. Ce n'est pas l'actuelle opposition qui le contredira.
À la veille de la fête de l'Indépendance, de quoi dépend la sortie de crise ? D'emblée, la SADC écarte toute intervention militaire. C'est déjà ça. Mais plusieurs interrogations demeurent. La Transition aura-t-elle le courage d'aller au bout de ses choix politiques ? Jusqu'où les partisans de Marc Ravalomanana iront-ils ? La communauté internationale va t-elle fléchir ? La situation politique se résume, désormais, à ces trois questions essentielles. Les réponses sont d'autant plus cruciales puisque l'histoire nous a appris que l'engagement d'un dialogue ne fait pas encore sa réussite. La poursuite des négociations n'en confirme pas l'adhésion de tous. L'accord commun des mouvances pour sortir de cette crise n'assure pas la stabilité politique. Mais par sens du devoir et par devoir de patriotisme, tous devront faire aboutir ces négociations. À n'importe quel prix, c'est primordial. Et avant la Fête nationale, c'est impératif...

 

Haingo Rarivoson

L'Express de Madagascar - 23 juin 2009

15.06.2009

Pris à leur propre piège !

Il a fallu dès le départ, reconnaître les possibilités et les limites de certains chapitres pour avancer dans les négociations. Le groupe de contact international l’aura appris à ses dépens. Et puis, il a fallu cette rupture, ce poing sur la table, ce départ de la mouvance Rajoelina pour relancer le débat. À dire vrai, les marchandages et tirs croisés incessants amenuisaient fortement les chances de parvenir à un accord. Pour autant, il était impensable de parler ou même de suggérer un possible échec des pourparlers à ce stade, par crainte de ne plus avoir d’autres pistes de réflexion pour une sortie de crise rapide.
Dans ces négociations, le sujet qui réprouve, qui fâche et qui divise encore, c'est la question de l'amnistie, précisément, l’annulation des peines liées aux événements politiques depuis 1997 et les détournements à grande échelle. Puisque la charte devra effacer toute menace de représailles sur les erreurs politiques du passé, il apparaît clair que la question risque d'être retournée dans tous les sens et servie à toutes les sauces avant d'aboutir à une quelconque signature. Car sur cette question, chaque mouvance a peu à gagner et tout à perdre. Certaines sont en quête d'absolution, d'autres, en mal de reconnaissance souhaitent une légitimité de leurs actes, maladroitement menés jusqu'alors, et puis d'autres encore préparent déjà le retour de leur candidat sur la scène politique, et à moindres frais !
Avec ces nouvelles orientations, le rôle du groupe de contact sera, donc, de décanter les desiderata des uns pour les greffer aux exigences des autres, ce qu’il n’a pu faire avec les intervenants réunis autour d’une même table. Cela, parce qu'aucune mouvance ne veut lâcher du lest, broutant à tous les râteliers. C'est dans ce contexte que dès cette semaine, le dialogue reprendra avec un petit lifting sur les démarches. En choisissant de consulter chacune des mouvances, le groupe de contact espère limiter l'intransigeance et les conditions imposées par ces dernières dans ce qu’elles définissent comme leur bon droit.
Ce sera un moment décisif pour les émissaires internationaux qui devront réussir leurs examens de passage et montrer patte blanche à tous ceux qui doutent de la portée de leurs actions. Mais ce sera également la grande épreuve pour les mouvances qui ne peuvent gâcher cette deuxième et dernière chance pour une sortie honorable du candidat qu'elles soutiennent. Plus que cela, c'est la dernière chance de sortie de crise avant le 26 juin, pour que ces négociations ne soient pas ce qu'elles risquent de devenir : des négociations... durables à l'issue, plus qu'incertaine, dont elles devront répondre, charte ou pas !

Haingo Rarivoson - L'Express de Madagascar 15-06-2009

08.06.2009

La Jirama attendue au tournant

Le baril du pétrole a franchi les 70 dollars. Une valse des prix ne sera donc pas à exclure dans les prochains jours. Sur une autre échelle, la réduction de 10% sur les factures de la Jirama, annoncée en grande pompe, pourrait aussi se présenter sous de funestes auspices.
Elle est singulière, certes, mais l’initiative de cette baisse de tarifs a été pesée et mûrement réfléchie, se défend le ministre de l’Énergie en réponse au scepticisme des uns et au pessimisme des autres. Cela n’empêche qu’elle soulève aujourd’hui, quelques interrogations: les évaluations économiques et financières ont-elles pris en compte les paramètres non contrôlables, comme cette hausse subite du baril de pétrole? Et à quelles proportions ?
Cette hausse du prix du pétrole intervient au moment où la Transition se sent investie d’une urgente « obligation de résultats », devant s’imposer de vastes contraintes dans un contexte difficile. Dans son engagement à réviser à la baisse les tarifs de la consommation en eau et électricité, elle devra, non seulement, transcender un manque à gagner qui dépassera, probablement, le taux initial de 6%, mais aussi veiller à ce que les besoins en énergie n’augmentent pas, au risque de gonfler le volume du fuel à importer pour les besoins en électricité.
Avec un budget de 85 milliards d’ariary pour 2009, la  Jirama devra jongler avec l’installation de nouveaux branchements, l’achat du fuel et la mise en place d’infrastructures. Ce sera là, un difficile exercice, si la consommation n’est pas maîtrisée très vite par une politique d’économie d’énergie, accompagnée d’une gestion rigoureuse du « maigre » budget à disposition.
Pour cela, il faudrait commencer à fermer le robinet sur certaines prérogatives et ainsi se heurter à des salariés déjà frileux. C’est le lourd héritage du nouveau directeur général de la  Jirama,, qui aura à redresser cette société déjà fragilisée par les différentes crises, en se défendant bien entendu, de tirer des plans sur la comète!

Haingo Rarivoson- L'Express de Madagascar 8 juin 2009

 

De son exil, que lui reste-t-il?

Pour comprendre la situation de Marc Ravalomanana, aujourd'hui en exil, il faut se rappeler des affaires dans lesquelles se trempent les hommes politiques, en général. Dans tout a priori, mais sans que cela aboutisse forcément à un procès ultramédiatisé. D'un non-paiement de frais d'hôtel au bakchich, en passant par le détournement de deniers publics ou même l'achat d'un avion en trop, il y a réellement de tout. Certaines s'oublient et puis d'autres, tenaces, sont remises sur le tapis. Et au goût du jour. Car si nos hommes politiques ont, parfois, maille à partir avec la justice pour des affaires grossièrement vénales, il faut dire que souvent, très souvent, ils se rendent coupables de manquer de discernement, coupables d'ignorer l'humilité, coupables de ne pas assumer la responsabilité des choix qu'ils font. Cela ne leur sera pas pardonné.
Dans le procès de Marc Ravalomanana, dont le mandat d'arrêt est maintenu par le garde des Sceaux Christine Razanamahasoa, il y a cette affaire d'achat d'un Force One à 112 milliards d'ariary. Voilà de quoi décontenancer le salarié au SMIC, de quoi offusquer les mouvances qui se sont liguées contre cette « mauvaise gestion » des affaires de l'État. Même la communauté internationale a permis le doute dans la décision de parler de ce sujet fâcheux ... parmi les autres! L'ancien président lui, s'appuiera sur une croissance économique positive en pleine crise mondiale pour expliquer « ce geste ». Mais c'était sans tenir compte de son impopularité. Plutôt étrange, d'ailleurs, car si le franc-parler des Monja Jaona, Francisque Ravony ou Herizo Razafimahaleo amusait ou donnait à réfléchir, celui de Ravalomanana ne plaisait pas toujours, à différents dégrés et niveaux. Et cela ne lui sera pas pardonné.
Dans son exil, Marc Ravalomanana n'aura jamais autant été ouvert. Ouvert au dialogue, ouvert à un consensus, ouvert à la tenue d'assises... Du moins, en apparence. Car derrière des messages fédérateurs, il y a toujours cet appel. Un appel désespéré au soulèvement. Par la douceur ou s'il le faut par la force. Une question de temps, selon lui. De là où il est, il se demande peut-être parfois quels remparts il lui reste aujourd'hui. Compter sur les opportunistes et espérer des retournements de veste parmi les 150 groupuscules politiques ? S'allier aux déçus de l'actuel régime ? Se résigner à attendre les élections en 2010? N'oublions pas non plus ceux qui ont toujours suivi aveuglément la voix de leur « maître ». Et puis ceux qui essaient de créer une nouvelle fronde, prêts à se faire entendre sur tous les fronts. Pour ceux-là, heureusement, la justice n'a prévu aucune peine, aucune sanction, même lorsqu'ils sont pris en flagrants... délires !

Haingo Rarivoson - L'Express de Madagascar - 5 juin 2009

27.05.2009

Après Clinton et Sarkozy, le scandale Berlusconi.

 

Le sérieux de cette rubrique voudrait que l’on ne parle que de ce qui nous regarde et de ce qui nous touche directement… Mais laissons ce côté tendancieusement nombriliste et mettons un grain de sel dans l’actualité plutôt morose de ces derniers temps. Et l’actualité qui attire foudres et regards, c’est le divorce tumultueux de Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement italien. Sans verser dans un voyeurisme sordide, faisons trempette dans cette croustillante actu people mettant à nu la vie très privée de l’un des hommes les plus puissants d’Europe.

Avouons-le, étrange parcours tout de même que celui de Silvio Berlusconi ! A la veille des élections locales et européennes, la machine s’emballe. Berlusconi s’encombre d’une affaire de cœur qui devient très vite une affaire d’Etat. Coup de pub ? Conspiration ? L’affaire Noémi Letizia rappelle étrangement celle de Monica Lewinski, à une certaine époque.

Tout comme Cécilia Sarkozy (aujourd’hui Cécilia Ciganer), mais pour des raisons très différentes, Veronica Berlusconi choisit de partir, de ne pas se taire, de ne pas fermer les yeux sur cette « incartade conjugale » et surtout, d’exiger plus que des excuses publiques. Car des excuses, le président du conseil en a faites, après un flirt trop poussé avec le top model vénézuélien Aida Yespica lors d’une émission télé. Mais l’épouse bafouée est aujourd’hui décidée à batailler ferme, n’hésitant pas à reprocher au père de ses enfants de « fréquenter des mineures ». Elle ira alors jusqu’à demander le divorce, tenant l’Italie en haleine. Cet affront mettra fin aux extravagances de septuagénaire qui a accumulé en 15 ans de carrière politique, pas moins de 10 procès notamment de … corruption.

De cette mésaventure dont le « malheureux époux » ne cesse de se justifier, pour le moment, on ne parle pas encore de crise politique. Mieux, l’homme se trouve en tête dans tous les sondages (75% d’avis favorables). Et pour cause, il multiplie ses interventions sur « cette affaire », ne s’embarrassant d’aucune explication. Question de moralité, dit-il. Il soutient d’ailleurs qu’il y a terribles méprise et incompréhension sur la nature de sa relation avec la jeune et frêle Noémi. Une relation qu’il qualifie de purement et strictement amicale!

Même si l’issue de cette histoire qui ébranle l’Italie est encore incertaine, d’une chose au moins, l’on est sûr ! C’est bien la fin des attitudes hiératiques. Nous sommes loin de l’embourgeoisement des couples pour faire bonne figure, loin des compromis conjugaux pour respecter les bienséances, loin des « faire comme si » vernissant les malaises latents d’un couple à l’imparfait. D’accord, les politiciens ont aussi leurs faiblesses. D’accord, l’intimité est un droit incessible, peu importe le statut. D’accord, Silvio et Veronica, c’est l’histoire d’un homme et d’une femme ordinaires avec des problèmes de couple ordinaires. A quelques détails près…

L'Express de Madagascar 26-05-2009

Hianaro ny fahendrena amin’ny alalan’ny adalan’ny sasany !

Dia olon-kendry tokoa ny Malagasy! Tsy dia noho ny fahatahorana ny ampitso loatra fa noho ny fahaizany maminavina ny ho avy. Tsy ny tody no misy fa ao ny tantara manamarina fa tsy nisy fanjakana na iray aza tafajoro ka niala tam-pamendrehana teto Madagasikara. Na toy inona ny hafanam-pon’ireo « madinika » nametraka azy, na toy inona ny zava-bitany teo amin’io toerana io dia ravan’ny fikomiana sy ny hiakan’ny « masikiny tsy mahadiny raha ela » ny kely mba voajoro.
Toy ireo voaozona, tsy afaka ny hanaiky fa ny toerana dia natao ifandimbiasana, ny adidy amin’ny firenena dia ambonin’ny « didiko fehy lehibe » ary ny fahefana nomena dia tsy maintsy averiny, na ho ela na ho haingana. Tsy mbola nisy na iray aza mpitondra ka nihevitra fa ampy ho azy ny fahefana nomena azy (ao anatin'izany ny fotoana itondrany). Tsy mbola nisy mpitondra nanaiky fa tsy mahafeno ny fepetra ahafahany mandray ny fanjakana izy (isan’izany ny taona ary indrindra ny fahazoana ny isa ilaina amin’ny latsa-bato, hany marika fa izy no safidim-bahoaka).
Tsy mbola nisy mpitondra nanaiky fa tsy voatery ho marina avokoa ny heviny na ny fomba fijeriny ka azo atao tsara ny mifampidinika, miady hevitra, mifandresy lahatra amin’ireo manan-kevitra hafa na dia tsy hiafara amin’ny fitoviana tadin-dokanga aza izany.
Tsy mbola nisy ihany koa ny mpanohitra ka nahay nandresy lahatra raha tsy tamin’ny fitarihina ny vahoaka hanongam-panjakana, hidina eny an-dalam-be, hanao diabe na hilahatra haneho ny tsy hafaliam-pony. Tsy izany ny fahendrena malagasy.
Tsy midika anefa izany, fa tokony hotohaina avokoa ny mety ho hevitr’ireo « olon-kendry », tsy hitodian-doha ny laka nitana, saingy na misy aza ny fototra, dia ny hevitry ny maro mahataka-davitra. Izany ny fahendrena malagasy. Be loatra ny hevi-diso noho ny fankatoavana an-jambany. Be loatra ny hadisoana noho ny fijerena ivelany fotsiny, takon’ny setroky ny fandangolangoana ka tsy mahita izay lesoka dieny am-boalohany. Mihoatry ny loha ny nenina noho ny vato namidy, nosandaina satroka sy T-shirt ary vola amidy kafe, satria mbola betsaka ny mihevitra fa vato iray iny ka tsy hitondra izay nividy azy ho aiza akory… Aza adino anefa fa ny hendry loholona ihany no hendry vahoaka.
49 taona taorian’ny nahazona ny fahaleovan-tena sy ny fahefana, dia mitohy ny ady amin’ny bodongerona. Nafantoka tao an-dohan’ny vahoaka indray ny demokrasia « ny fahefana avy amin’ny vahoaka ho an’ny vahoaka » nalain-tahaka tamin’ireo firenen-dehibe… Ary hatramin’izao, dia tsy mitsahatra ny fifampisintonan-damba eo amin’ny vahoaka sy ny mpitondra. Amin’ny alalan’ny demokrasia sy ny fahefana nomena azy avy!

Haingo Rarivoson

L'Express de Madagascar 25-05-2009

 

Il n'est pire sourd...



Faut-il sortir d'une école de sciences politiques pour cultiver l'éthique politique ?La question se pose puisqu'une relève politique, dans un pays « politiquement incorrect », pourrait être compromise. Elle est si compromise que les tentatives de la « majorité silencieuse » (où se noie l'intelligentsia malgache) de se faire entendre, échoue, faute de pouvoir parler à des sourds. En matière de « behaviorisme », Madagascar a-t-il encore des leçons à apprendre? Si oui, de qui doivent-elles venir ?
La situation politique de Madagascar a quelque chose d'exceptionnel. Les partis politiques se font, se défont et se refont. Aucun parti n'épouse, tout à fait, les idées des groupes ou de la mouvance, auxquels il s'allie et l'éclatement des groupes n'est jamais loin lorsque se profile une élection. L'élection en 2010 ne nous prouvera peut-être pas encore le contraire, car, si depuis la Transition, les partis politiques se rallient pour une stratégie sur le long cours, le cheval de bataille reste le même: pour beaucoup d'hommes politiques, il n'est pire sourd que celui qui est au pouvoir...
Mais à l'heure où l'économie s'enfonce dans un rouge profond, la communauté internationale choisit de «lâcher» l'île à cette insularité, qu'elle a toujours revendiquée, dans la recherche d'une solution malgacho-malgache, tandis que les groupes politiques, eux, ont enfin trouvé le temps de débattre des dissensions autour de la répartition des sièges, d'un retour de l'un sans l'éviction de l'autre, et d'une transition consensuelle. Des négociations « qui avancent bien » titraient les journaux avant que les représentants des anciens chefs d'État, Ratsiraka et Ravalomanana, ne quittent les tables des négociations, restant sourds aux efforts de réconciliation. Un pas en arrière, un pas de trop, qui fera que dans les prochains jours, les incertitudes
se feront insistantes et l'explosion du chômage constamment menaçante. La crise, née de la dénonciation de telles déréglementations, risque de s'alourdir parce que le temps, hélas, ne joue pas en notre faveur!
Si, aujourd'hui, les jeunes se croient sans avenir politique, c'est un peu parce qu'ils n'ont retenu que les ratés de l'histoire. Terribles réactionnaires au discours creux, les hommes politiques se déclinent en marchands d'espérance, ni plus, ni moins. Alors, hommes de génie, il est peut-être temps d'éclairer votre siècle et bâtir cette relève politique qui n'arrive pas à voir le jour. Peut-être suffira-t-il de mettre un bémol sur les sour...noiseries !

Haingo Rarivoson

 

L'Express de Madagascar 25-05-2009

15.05.2009

Bonne semaine, à tous

 

Mon coup de cœur du moment : Delta Léa Goodrem. Pour son courage, sa détermination, son immense talent et sa beauté. « Born to try », est un hymne à la vie.

Mon régime anti-déprime (contre le chagrin d’amour) : Le chocolat - Le thé à la cannelle – Ecouter Alanis Morissette - Cure de magnésium - Retrouvailles avec les potes - Faire du sport (de contact, de préférence) - Prendre « mes » enfants dans mes bras – M’occuper de moi - et… travailler comme une dingue !

Mon supplice chinois : Etre amoureuse d’une personne de 10 ans mon cadet.

Mon challenge de la semaine : Arriver à trouver mon rythme…

Mon coup de poker : Rester amie avec mon meilleur ami Rija.

Mon livre de chevet : "Chéri" de Colette. Ben voyons! :-)

Mon DVD de chevet : Florence Foresti fait la cigale

Mon péché mignon de la semaine : Claquer mon salaire dans 3 paires de chaussures et une séance de 2 heures dans un institut de beauté ! Je ne le regrette même pas !

Mon péché capital de la semaine : Avoir un gros poil dans la main.

Mon coup de gueule de la semaine : Une grosse grippe qui ne me quitte pas !

28.01.2009

Les jeux sont faits, rien ne va plus !

 

Mais que se passe-t-il à Madagascar ? Où s’arrêtera le jeune maire d’Antananarivo ? Marc Ravalomanana ne fléchira-t-il donc jamais ? A l’heure où tous les pays riches subissent les effets de la crise mondiale, Madagascar entre dans une crise politique. Une crise de trop ! Cette crise oppose 2 hommes de poigne : Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana. L’un est maire de la ville d’Antananarivo depuis 4 mois, l’autre est Président de la République depuis 7 ans.

Pour légitimer cette crise, le maire veut jouer la carte de la transparence : oubliée sa rancœur contre son actuel rival lorsque ce dernier lui a, de manière très subtile enlevé le pain de la bouche en lui raflant tous les marchés (de la publicité) il y a quelques années. Oubliées les peaux de banane glissées par-ci par là, pour évincer ce jeune homme trop téméraire qui risquait alors de gêner le « développement rapide et durable » de l’empire présidentiel. Rangés dans les cartons tous ces coups bas et autres bassesses maquillés par les pantins élus pour freiner l’allure du TGV.

De son côté, le visionnaire Marc Ravalomanana, défend avec ferveur sa démocratie. Lui non plus, ne tient pas rigueur à Andry Rajoelina d’avoir contrecarré ses projets : mettre les bonnes personnes (qu’il aura choisies) à la bonne place. Et de ses projets, le plus important aurait été de s’approprier Antananarivo où il commençait à être impopulaire. Grosse déception, panique de tous bords : c’est Andry Rajoelina qui est élu à 63% par la voix des urnes, et cela, pour un président qui a été mené de la rue vers le pouvoir, ce n’est pas rien !

Pourquoi sombrons-nous dans cette crise ? Pour les 60 millions de dollars alloués à l’achat de l’air force One alors qu’il y a d’autres priorités ? Pour les 1,3 millions d’hectares de terres cédés à des étrangers ? Pour la fermeture des radio et télévision Viva (appartenant au maire) en raison de propos séditieux ? Parce que le maire d’Antananarivo a le culot d’exiger la démission des ministres des Finances et celui de l’aménagement du Territoire ? Parce que c’est là, l’opportunité de destituer un président sourd aux appels d’une opposition à l’agonie ?

Peu importe ! Mais malgré l’importance capitale des valeurs que vous défendez, des revendications que vous avez, ne prenez pas en otages, 18 millions de Malgaches traumatisés par les années amères de l’après 2002. Ne mésestimez pas la colère d’une population qui en est réduite à faire du pillage pour manger à sa faim. N’oubliez pas que c’est ce même peuple qui vous a mené là où vous êtes et vous mènera encore là où il le souhaite. Ne pas reconnaître que Ravalomanana est l’un des rares présidents malgaches à « avoir accompli des choses » serait malhonnête. Mais aujourd’hui, à cause de ses humeurs fantasques, son mépris du langage diplomatique et de son égocentrisme exacerbé, Ravalomanana tombe de son piédestal et pour la première fois, garde profil bas après 7 ans de pouvoir sans partage. Ironie du sort, son chiffre fétiche est le 77 !